
Des Cours par correspondance à la FOAD : Histoire, Définition et Évolution de l’Enseignement à Distance
Obtenir un diplôme d’État ou réussir un concours de la fonction publique sans quitter son domicile est devenu une pratique courante. Mais au-delà de la promesse de flexibilité, peut-on réellement apprendre efficacement et valider son cursus en étudiant seul chez soi ?
Pour comprendre l’essor de cette méthode d’apprentissage, il convient d’analyser ses fondements historiques, ses mutations techniques et les critères indispensables pour réussir sa formation en ligne aujourd’hui.
1. Définition officielle : Qu’est-ce que l’enseignement par correspondance ?
Historiquement, l’enseignement par correspondance désigne une formule pédagogique externalisée. Selon les encyclopédies de référence, il s’agit d’une forme d’instruction dispensée à distance par un établissement et des professeurs, sans présence physique de l’enseignant dans le même espace que l’apprenant.
Le portail de l’administration française précise cette notion en stipulant qu’il s’agit d’un enseignement qui « ne s’effectue pas dans le cadre géographique d’un établissement scolaire classique ».
En clair, cette méthodologie se caractérise par :
- L’affranchissement géographique : Aucune obligation de déplacement quotidien dans un lycée, un CFA ou une université.
- L’autonomie temporelle : L’étudiant gère l’assimilation de ses cours magistraux et ses exercices pratiques selon son propre calendrier.
- La dématérialisation du tutorat : Le suivi, l’évaluation et la correction des devoirs s’effectuent par des canaux de communication asynchrones.
2. Origines et Histoire : Du timbre-poste aux premiers cours en France
L’enseignement à distance n’est pas une invention native du web. Son histoire s’articule autour de trois grandes révolutions techniques et structurelles.
A. L’avènement du timbre-poste et de l’imprimerie industrielle (XIXe siècle)
Vers 1830, la standardisation du timbre-poste et la baisse des coûts d’affranchissement créent le premier réseau de transmission de données à grande échelle. Parallèlement, l’invention de la presse rotative en 1887 fait s’effondrer le prix du papier. Le support écrit devient accessible à toutes les bourses.
C’est en Australie et aux États-Unis, face au défi de l’immensité des territoires et de l’isolement des populations rurales, que cette méthode s’institutionnalise. Dès 1873 à Boston, Anna Ticknor crée la Société d’encouragement à l’étude à domicile, prouvant que le secteur privé a devancé l’enseignement public dans cette innovation.
B. L’apparition des précurseurs en France (1885 – 1920)
En France, les cours par correspondance structurés débutent en 1885 avec le Cours Hattemer, suivi de près par les initiatives d’Émile Pigier, qui déploie des formations commerciales à distance.
En 1891, Léon Eyrolles crée l’École spéciale des travaux publics (ESTP) et ouvre la première section technique par correspondance, répondant aux besoins de l’industrialisation du pays.
C. La Seconde Guerre mondiale et la naissance du CNED
Le véritable tournant institutionnel français a lieu durant l’année scolaire 1939-1940. Face à la désorganisation liée à la guerre, à l’évacuation des zones frontalières et à l’impossibilité pour les enfants malades ou isolés de se rendre en classe, le gouvernement crée le CNEPC (Centre national d’enseignement par correspondance). Ce service public d’urgence radiophonique et postal pérennisera son action pour devenir le CNED que nous connaissons aujourd’hui.
3. Avantages et Inconvénients du modèle classique : Tableau comparatif
Avant l’avènement du numérique, étudier par correspondance présentait un arbitrage très net entre autonomie et isolement.
| Avantages du modèle traditionnel | Inconvénients du modèle traditionnel |
| Accessibilité totale : Possibilité d’apprendre peu importe l’éloignement des centres urbains. | Lenteur des flux : Délais d’envois postaux (plusieurs semaines pour recevoir un devoir corrigé). |
| Maintien de l’emploi : Conciliation possible entre vie professionnelle, charge familiale et études. | Risque de décrochage : Absence de rythme imposé, demandant une autodiscipline hors norme. |
| Optimisation des coûts : Tarifs des formations souvent inférieurs et absence de frais de logement étudiant. | Isolement social : Aucun contact direct avec les enseignants ou une communauté de pairs. |
4. La révolution numérique : Des cours par correspondance à la FOAD
À partir des années 1980 et 1990, l’informatique grand public redéfinit radicalement les règles du jeu. Le passage des supports papier aux supports multimédias (disquettes, CD-ROM, puis logiciels interactifs) apporte une correction automatisée et instantanée des exercices, modifiant profondément le travail de l’étudiant.
En 1986, le changement de nom du CNED (qui devient le Centre National d’Enseignement à Distance) acte officiellement cette transition technologique.
L’ère de la FOAD et du E-Learning
Aujourd’hui, le terme « cours par correspondance » est devenu obsolète, remplacé par les concepts de FOAD (Formation Ouverte et/ou à Distance) et de E-learning. Les plateformes LMS (Learning Management System) centralisent désormais des formats pédagogiques hautement interactifs :
- Classes virtuelles et Visioconférences : Rétablissement du lien social et du direct avec le corps professoral.
- Contenus Rich Media : Vidéos chapitrées, podcasts natifs, quiz interactifs et e-books téléchargeables 24h/24.
- Social Learning : Forums d’entraide, espaces communautaires et réseaux d’étudiants pour briser l’isolement.
Conclusion : Un levier majeur d’employabilité et de reconversion
Désormais adossée aux solutions du monde numérique, la formation à distance permet chaque année à des millions de candidats de préparer des diplômes d’État incontournables (CAP AEPE, BTS, Licence, Master) ou des concours d’entrée (secteurs de la santé, du social, de la petite enfance).
Particulièrement plébiscitée dans le cadre des reconversions professionnelles et finançable par les dispositifs d’État (MonCompteFormation / CPF, France Travail), la FOAD s’impose comme un modèle d’apprentissage d’une efficacité redoutable, à condition de choisir un organisme offrant un encadrement humain et une pédagogie adaptée aux réalités du marché de l’emploi.









